Gestion Durable de la Ressource en Eau des îles Loyauté
Les décharges et dépôts de déchets
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Situation en janvier 1999
   
Nappe phréatique la moins épaisse
   
Nappe phréatique la plus épaisse
   
Décharges utilisées
   
Décharges abandonnées
   
Futurs sites

Problématique

Les décharges et dépôts de déchets divers sont source de contamination de l´eau de la nappe phréatique Expliquer ce mot de première importance, non pas tant par la quantité des déchets produits que par leur large distribution à maints endroits de l´île. La production des déchets reste en effet relativement faible puisqu´elle est estimée à 200g/hab/jour ou 73kg/hab/an, tandis que la production moyenne d’un Nouméen est, à raison d´1kg/hab/jour, cinq fois supérieure (sources CSP). Les décharges les plus importantes dépassent 800m³. L´organisation du ramassage des déchets reste un problème majeur en raison notamment de l´étendue de l´île, de la dispersion de la population et de la non habitude de paiement de ce type de service publique.

Les Types de Décharges

Un Centre d´enfouissement ou site de " décharge contrôlée " est en cours de réalisation à Wé sur la route de Hapetra. En l´attente de sa mise en service, les déchets ménagers sont encore déversés soit dans les deux décharges municipales, soit dans des décharges dites "sauvages" communément appelées "carrières". Certaines sont utilisées régulièrement, d´autres occasionnellement, tandis que de nouveaux dépôts apparaissent encore çà et là et que d´autres enfin ne sont plus utilisés.

Au total, 50 décharges sauvages et 2 décharges municipales semi-contrôlées ont été recensées en 1999 (voir Carte).

Agrandir (67 Ko) Les décharges municipales :
Au nombre de deux elles sont localisées à Qanono et Xepenehe et rassemblent l´essentiel des déchets de l´île. Elles se situent dans les secteurs de plus forte concentration de population. Elles sont aussi alimentées par les déchets produits par les collectivités :centres administratifs, établissements scolaires, hôtels et gîtes, entreprises, magasins, etc. Elles sont dans d´anciennes carrières d´exploitation de xaca et sont entretenues par compactage et brûlage. Les Petits Chefs encouragent les populations à regrouper les déchets dans ces sites pour réduire l´utilisation des décharges tribales. Leur volume estimé est de 800m³ (mars 1999).
Les décharges tribales :
Elles sont les plus importantes. Elles correspondent à des sites de dépôt commun à une ou plusieurs tribus, ce qui n´empêche pas chaque tribu de posséder son propre site. Ces décharges sont souvent apparues empiriquement et leur emplacement dépend de l´accessibilité et de la proximité du site, de la décision de la chefferie, des propriétaires fonciers…. Ces décharges sont plus ou moins entretenues par la bonne volonté de ceux qui décident d´y mettre le feu pour en diminuer le volume. Leur volume dépasse généralement les 150 m³. Certaines sont abandonnées, souvent suite à une décision coutumière, à cause de l´image paysagère négative qu´elles offrent de la tribu ou d´une trop grande proximité des lieux d´habitations ou aussi, pour obliger les gens à avoir recours aux sites municipaux. Elles sont dénommées ici "décharges abandonnées" ou "inactives". .
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Agrandir (74 Ko) Les "trous" sont en fait des dépôts dans des conduits ou cavités du substrat rocheux ouverts en surface. Très nombreux dans le calcaire karstifié Expliquer ce mot de Lifou, ils sont le plus souvent utilisés par une seule famille dans ou à proximité immédiate de la parcelle d´habitation. Ces dépôts n´ont pas pu être recensés car bien trop nombreux, souvent invisibles ou difficiles d´accès. Ils abritent généralement les déchets domestiques peu encombrants.

Les Types de Déchets

Les déchets ménagers sont la source la plus importante d´alimentation régulière des décharges. A Lifou, la production de déchets verts ménagers est cependant réabsorbée directement par les animaux domestiques et d´élevage, tandis que la production d´emballages est encore faible même si le nombre de plastiques augmente d´année en année (dans quelle proportion ?). Il est par contre connu et visible dans le paysage que la "production" de déchets métalliques est très importante. La dissémination des canettes en aluminium reste la principale source de pollution du paysage calédonien en général et îlien en particulier. Elles sont des déchets non réductibles par le feu qui est dans 90% des cas le seul entretien occasionnel des décharges sauvages. Leur dispersion le long des voies de communication doit certainement augmenter de 30 à 40% le volume que l´on pourrait estimer dans les décharges mêmes.

Les "monstres" : On regroupe habituellement sous le terme de "monstres" tous les déchets métalliques volumineux tels que les carcasses de véhicules, le matériel électroménager lourd et les machines de tous types. A Lifou, l´équipement croissant des ménages en matériel électroménager et en véhicules augmente d´année en année (à quel rythme ?). Ils sont évacués soit dans les décharges sauvages soit dans des sites, toujours sauvages, spécifiques (Hmeleck). Par ailleurs on rencontre des dépôts que l´on peut qualifier de semi-industriels abritant par exemple des fûts de goudron qui ont servi à l´asphaltage des routes et stockés en fond de carrière à l´abri des regards. La carrière de Hmeleck abrite ainsi 500 fûts rouillés dont quelques-uns sont encore pleins et laissent échapper de petites nappes de goudron qui s´étalent à même la roche et dans ses fissures.

Les déchets lourds et "industriels"sont principalement le fait des garages et stations services privés, des ateliers de maintenance du parc de véhicules administratifs et du port. Lifou compte au total 5 stations services et 6 garages – ateliers de réparation et carrossier, dont un à Wé faisant également station-service. Les rejets qu´ils produisent sont cependant les plus dangereux pour la nappe puisqu´ils sont composés essentiellement d´huiles usagées, d´acide de batterie, de pneus et de carcasses métalliques. Les enquêtes ont révélé qu´un garage "produit" environ 600 litres d´huiles usées par mois, huiles qui étaient déversées jusqu´à récemment directement dans la nature, généralement derrière les installations mêmes. Ce n´est en effet que depuis fin 1997 que les garagistes ont décidé, en partie sous l´impulsion des Petits Chefs, de désormais stocker en l´attente d´un hypothétique envoie sur Nouméa. Le nombre de batteries usagées jetées par mois n´est pas connu, mais il n´est pas rare d´en rencontrer plusieurs éventrées dans les décharges.

Les déchets chimiquesde type médicaments usagés, produits d´entretien, peintures, produits de désinsectisation, etc. n´ont pu être identifiés quant à leur source, leur volume, leur destination. Seuls les dispensaires assurent que leurs résidus sont évacués vers les décharges municipales. On a cependant pu observer des seringues et autres résidus de soins dans certaines décharges sauvages sans pouvoir en identifier la provenance.

Les résidus de fosses septiques collectées par un seul camion de vidange sont déversés "dans la nature", parfois dans des trous du substrat ou dans d´anciennes carrières. Les risques de contamination de la nappe sont dans ce cas très importants.

Les Risques

Les substances contenues dans les déchets sont, en l´absence de tri, évidemment extrêmement variées en qualité et concentration. Au stade actuel des connaissances de la nature et de la répartition des déchets, de leur vitesse de décomposition et d´écoulement des lixiviats (jus de décharges), de la perméabilité et de la capacité de filtration du substrat, on ne peut présumer d´aucune intensité de risque.

Méthodologie

Le repérage et l´étude des décharges ont pu être réalisés après un parcours systématique de toutes les routes et pistes de Lifou et avec l´aide apportée par la population même. Toutefois, en raison du grand nombre de dépôts observés, seules les décharges d´un volume supérieur à 5m3 ont été inventoriées. Tous les sites ont été positionnés par GPS Expliquer ce mot et sont donc géoréférencées dans un système d´information géographique.

Une Fiche signalétique a été établie pour chacune d´entre elles.

Recommandations

En termes d´études :

Compléter le repérage des décharges sauvages et actualiser les fiches signalétiques notamment en termes de volume et de type de déchets.

Recenser autant que possible les dépôts inférieurs à 5m³ et les positionner

Affiner l´étude des déchets de type industriels, chimiques, autres

Réaliser une étude de faisabilité et de coût d´un transport de déchets lourds et industriels vers Nouméa .

En termes de gestion:

A l´échelle de la tribu :

Organiser un ramassage et un regroupement des dépôts inférieurs à 5m³ par la population même et un transfert des déchets par camion vers une décharge contrôlée

A l´échelle de Lifou :

Mettre en place et renforcer les campagnes d’information, de formation et de sensibilisation à la gestion des déchets : préconiser systématiquement le tri entre "déchets verts" et "autres déchets" et entre "déchets recyclables" et "déchets non recyclables" dans une perspective de programme de ramassage et de retraitement. Recommander la création de composts par famille ou groupe d´habitations. Installer des poubelles de récupération des déchets, en bord de route et de lieux fréquentés, à l´instar de ce qu´a réalisé par exemple la Commune de Yaté.

ADAGE SHE - C.J.

Contacts : Chef de programmeWebmaster Haut de page Dernière mise à jour : 16 août, 2004
Ministère des DOM TOM