Gestion Durable de la Ressource en Eau des îles Loyauté
Le tourisme
Les risques liés au tourisme

Le tourisme est l'activité économique qui présente le plus gros potentiel de développement à Lifou, il va donc être nécessaire de déterminer les risques liés à cette valorisation sur la lentille d'eau douce. Il est remarquable que la conscience de la préservation d'une intégrité écologique est acquise par un grand nombre d'acteurs locaux. Cependant, les rejets de matières polluantes dans les eaux usées ne sont pas évalués, il est donc impératif d'effectuer un suivi à cet égard pour parer à tout incident. De plus, des problèmes liés à l'approvisionnement en eau posent de sérieux problèmes notamment pour l'image du tourisme local. Il n'y a pas, pour l'instant, d'urgence dans les interventions à mener, mais il est très important d'orienter tout développement touristique dans le sens du respect de la ressource en eau.

Evaluation des impacts réels et potentiels sur la ressource en eau

Les différents travaux menés sur la lentille d’eau douce de Lifou et Maré par J-P. BRUNEL et B. GERNIGON pour l’ORSTOM, de F. BLANCHARD au sein du BRGM, et du bureau d’études A2EP, demeurent les seules données fiables concernant la quantité d’eau disponible et les caractéristiques de cette ressource.

Compte de tenue de l’hétérogénéité géologique des deux îles, des secteurs à plus ou moins faible perméabilité sont remarqués. Ces changement de perméabilité ont pour conséquence, des variations des hauteurs piézométriques et donc de l’épaisseur d’eau douce (épaisseur moindre dans les zones les plus perméables) (BLANCHARD, 1990). La configuration géologique de Lifou et Maré implique également une infiltration plus ou moins importante des eaux de ruissellement vers l’aquifère. Cela signifie que le risque de pollution est particulièrement important sur ces deux îles.

Evaluation du risque sur la quantité de la ressource en eau

Les travaux sur la quantité et la qualité de la ressource en eau concernent essentiellement Lifou. La société A2EP a effectué un certain nombre de relevés piézomètriques qui ont permis de tracer une cartographie de la lentille. Ces travaux ont également permis de connaître les fluctuation dans le temps de cette ressource.

Différents facteurs ont une influence plus ou moins importante sur le niveau de la lentille. Ainsi, les ondes de marée, la pluviométrie, la pression atmosphérique et d’autres paramètres encore affectent le niveau piézométrique de la nappe (A2EP). Différentes analyses ont été pratiquées afin de déterminer les véritables influences de ces paramètres pour donner un aperçu du volume d’eau disponible et des exploitations possibles.

La quantification de la ressource en eau des Loyauté a été évaluée à partir d’un modèle théorique : la relation de GHYBEN – HERZBERG :

h = différence d´altitude entre le niveau moyen des mers et l´interface eau douce/eau salée
t = différence d´altitude entre le niveau piézomètrique et le niveau moyen des mers
ds = densité de l´eau de mer
d = densité de l´eau douce

Appliqué au cas de Lifou et sur la base de densités respectives de 1, 026 et 1, 000 pour l’eau de mer et l’eau douce, le rapport entre H et h (Fig. 27) est proche de 40. Sur cette base théorique et grâce aux relevés piézométriques qui ont permis de cartographier la position du toit de la nappe d´eau douce sur Lifou, on peut situer approximativement la position de l´interface eau douce/eau salée à une profondeur d´environ 40 fois la hauteur de la surface piézométrique au-dessus du zéro moyen des mers. La validité de l´application de ce type de calcul a été vérifiée sur le seul piézomètre profond de l´île.

Le calcul des volumes et l´application d´un coefficient d´emmagasinement (qui reste à préciser sur Lifou pour affiner le modèle de fonctionnement de la nappe) tiré des essais réalisés a permis de calculer les ressources qui s´avèrent très largement supérieures aux besoins. On estime que le volume global (chiffré par A2EP) de la recharge en eau de la lentille de Lifou est de 418x106m3/an tandis que le total des volumes extraits représentent 1.56x106m3/an sur cette même île, soit 0.4% de la recharge annuelle.
Ainsi à Lifou, sur une année, l’ensemble des prélèvements réalisés dans la nappe par pompage représente moins de 1% de la recharge naturelle de la nappe par l’infiltration efficace.

Fig. 27. La lentille d’eau douce, principe de la relation de GHYBEN-HERZBERG
La lentille d’eau douce
Source : ADAGE Lifou 1999

Néanmoins, cette ressource et les forages sont vulnérables. Lorsque l’eau de la lentille est pompée, il se produit localement une diminution de l’épaisseur de la lentille

On observe un rabattement du niveau piézométrique et une remontée de l’interface eau douce / eau salée. Il y a donc un risque, si on pompe avec un débit trop fort et trop longtemps de remontée d’eau salée jusqu’au niveau du forage. Cela peut rendre le forage inexploitable pendant une dizaine d’année.
Ce schéma qui a été élaboré dans le cadre du programme ADAGE Lifou 1999, peut s’appliquer également à l’île de Maré. En effet, les conditions géologiques et hydrogéologiques des deux îles sont très similaires.


Dans le cadre de l’axe SAGEOL, Laëtitia Dupin s’est attachée a élaborer une visualisation de la lentille d’eau douce et à réaliser un certain nombre de cartes que je présente ici (Fig. X.)grâce à son aimable autorisation. La carte ci-dessous (Fig. 28.) représente la conductivité relevée au niveau des forages de l’île. La conductivité permet de connaître la localisation de la lentille. Il s’agit ici, de la conductivité de surface et les données disponibles n’ont permis que d’émettre une esquisse de ce que doit être la réalité qui sera confirmée par les travaux des géologues du programme SAGE, à la fin de l’année 2002.

Fig. 28. Conductivité de surface observée à Lifou
Conductivité de surface observée à Lifou
Source : L. DUPIN. 2002

La conductivité observée à Lifou est relativement importante ce qui traduit une forte propension à la perméabilité du sol et du sous-sol. Toutefois, un seul point a enregistré une conductivité proche de 4 900 µS. La carte révèle le caractère ouvert du système hydro-géologique plus important au Nord de l’île qu’au Sud. Les relevés concernant la fracturation peuvent confirmer ce phénomène et indiquer l’attention particulière à consacrer à cette zone.

Fig. 29. Conductivité de surface observée à Maré
Conductivité de surface observée à Lifou
Source : L. DUPIN. 2002

Comparée aux relevés effectués à Lifou, la conductivité de surface à Maré (Fig. 29) semble plus faible. Le substrat serait donc moins perméable et donc potentiellement moins vulnérable. Tout ceci reste à vérifier grâce aux travaux des géologues.

Données extraites du Mémoire de recherche DEA ADEn de Stéphane Pulloch

3.28 Mo
Section 1
Le tourisme aux îles loyauté
1.33 Mo
Section 2 Caractérisation du risque
1.01 Mo
Section 3
La société des îles dans le développement
335 Ko
Conclusion
Conclusion
90 Ko

 

Contacts : Chef de programmeWebmaster Haut de page Dernière mise à jour : 16 août, 2004
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