Gestion Durable de la Ressource en Eau des îles Loyauté
Evolution de la Population
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Evolution de la population par tribus entre 1989 et 1996
   
Nappe phréatique la moins épaisse
   
Nappe phréatique la plus épaisse
   
Croissance
   
Décroissance

L´évolution démographique

La pression démographique sur le milieu ne se manifeste pas de façon inquiétante aujourd´hui. Toutefois dans une perspective de croissance et de développement, il conviendra d´affiner les prévisions et les scénarios qui devront s´appuyer sur des chiffres de population à valeur constante et sur de plus longues périodes, notamment en valeurs mensuelles, que celles disponibles actuellement.

1. Variations inter annuelles de la population

Les données démographiques issues des Recensements Généraux de Population sont disponibles depuis 1956, avec toutefois des données parfois non validées par l´ITSEE (Les chiffres du RGP de 1989). Par ailleurs les chiffres de Lifou intègrent habituellement les chiffres de l´île voisine de Tiga qui est sous sa juridiction en matière de recensement. Ceux-ci ont été exclus des données les plus récentes, mais il aurait fallu pouvoir disposer du détail des données de chaque Recensement pour obtenir une fiabilité des graphiques et de l´analyse supérieure à 95%.


Figure 1 - Evolution de la population de Lifou sur 40 ans (1956-1996)(ITSEE)

La croissance annuelle de la population de Lifou est en moyenne de 1,82% par an (France métropolitaine : 0.51%). Elle est cependant plus forte ces dernières années et est passée à 2,04% par an entre 1989 et 1996 (il faut toutefois prendre ce chiffre avec réserve en raison de la non validation par l´ITSEE des données du RGP de 1989).

Ces chiffres sont ceux de la population déclarée résidante. Une analyse démographique plus fine permettra de commenter le taux d´accroissement naturel et le solde migratoire, données nécessaires à toute prévision de croissance dans une perspective de meilleure gestion des ressources.

A l´échelle des tribus, l´évolution de la population n´est pas uniforme, certaines voyant leur population augmenter plus vite que d´autres, tandis que d´autres perdent des habitants.

2. Evolution de la répartition spatiale de la population

La distribution spatiale de toute population se modifie dans le temps du fait de la mobilité des résidents et de leurs familles et des variations locales du taux d´accroissement naturel. Ce dernier ne peut être significatif à l´échelle de Lifou. Les variations sont donc plus à relier à des déplacements ou changements de lieu de résidence à l´intérieur même de l´île et avec la Grande Terre.
Seule la période entre le Recensement de 1989 et celui de 1996 a été retenue dans cette étude, car elle traduit les tendances actuelles qui se prolongeront peut-être dans le temps. Plus encore qu’une mobilité de population, pour l´analyse de laquelle les données sont encore insuffisantes à ce jour, la carte traduit l´attractivité ou la non attractivité des lieux de vie. Hormis le cas particulier du nouveau village d´Hanawa installé entre 1989 et 1996, on retiendra que :

les zones ou tribus " attractives " correspondent d´une part au pôle de Wé et à sa proche périphérie (Traput, Jozip), d´autre part au secteur centre-sud de développement agricole de Hmeleck et environs, enfin aux tribus de Drueulu et Xepenehe et plus à l´ouest de Hanawa

Les zones ou tribus " non attractives " qui se dépeuplent, se localisent dans deux secteurs : l´un au nord avec Jokin, Siloam et Hunete, l´autre au sud avec Luengoni, Jos, Mu et Huiwatrul.

Les raisons de ces changements ne peuvent être avancées ici. Les mariages, le dynamisme ou l'équipement de telle ou telle tribu, les liens et les stratégies claniques en sont des raisons mais des études complémentaires, géographiques, anthropologiques et économiques, sont à réaliser.

A l´échelle des quatre tribus qui ont été enquêtées, les variations de population récentes se présentent comme suit :

Tribu
Personnes résidantes en 1989
Personnes résidantes en 1996
Evolution 1989-1996 (en nb de résidents)
Evolution 1989 - 1996 (en %)
Evolution annuelle (en %)
Luengoni
241
211
-30
-12
-1,8
Hapetra
371
390
19
5
0,7
Luecila
338
519
181
54
7,7
Kumo
216
238
22
10
1,5

Remarques relatives à la ressource eau :

Dors et déjà, il convient de tenir compte des " zones attractives " dans la politique de développement. Si les taux de croissance/décroissance de population villageoise se confirment dans le temps la satisfaction des besoins en eau devra suivre en tenant également compte d´une augmentation des équipements des ménages et des changements de société.

3. Les variations saisonnières



Figure 2 - Solde migratoire mensuel de la population de Lifou (Période 1997-1998)
Etabli à partir des mouvements de passagers avion et bateau NB : seules les données des mouvements passagers bateau de 1997 et de 1998 ont pu être obtenus et sont fiables (Données : Air Calédonie, PIL).

La mobilité de la population se traduit aussi par des variations saisonnières et mensuelles liées principalement :

- aux vacances scolaires : les élèves de lycées et étudiants à Nouméa retournent dans leurs familles à Lifou en novembre et décembre et, dans une moindre mesure aux petites vacances et quittent Lifou à la rentrée de février


Figure 3 - Variation saisonnière moyenne du nombre de mariages

- aux évènements tels que les mariages qui ont lieu chaque année durant une saison bien particulière, dite "la saison des mariages", de juillet à septembre.

Recommandations :

Etude de la mobilité de la population, tant résidante que saisonnière, sur les deux dernières décennies ; comparaison des changements et de la croissance/décroissance par tribu pour établir un coefficient de variation suffisamment fiable pour élaborer des scénarios de croissance.

Renforcer ou mettre en place une étude/surveillance des changements de société (équipement des ménages, comportement civique face à la ressource eau, impact des campagnes de sensibilisation, etc.)

ADAGE SHE - C.J.

Contacts : Chef de programmeWebmaster Haut de page Dernière mise à jour : 16 août, 2004
Ministère des DOM TOM