Gestion Durable de la Ressource en Eau des îles Loyauté
Carte géologique d'Ouvéa
Contexte Régional Carte Géologique Coupe Nord/Sud Carte Pédologique Localisation de la
Ressource
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Carte géologique de l'île d’Ouvéa.


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Carte géomorphologique de l’île d’Ouvéa.

Géomorphologie de l’île d’Ouvea :

Les structures anciennes :

Contrairement à Maré et Lifou, l’île d’Ouvéa présente un lagon et une couronne récifale encore fonctionnels sur la plus grande partie de l'île. Ceci indique que le mouvement de surrection a été de moindre amplitude que celui qui a touché les autres autres îles des Loyauté et qui s'est exercé de façon dissymétrique :

      La partie Est montre un soulèvement important de la couronne récifale qui atteint + 46 mètres, tandis que le fond de l’ancien lagon atteint + 10 mètres.

      à l'ouest, l'intensité de la surrection décroît rapidement jusqu'à s’annuler au niveau de la passe d'Anémata.

Ceci s'explique par la position de l'atoll par rapport à la zone de voussure de la plaque indo-australe. En effet si Maré et Lifou ont atteint leur altitude maximale, Ouvéa commence à peine son ascension sur le bonbement lithosphérique voir le contexte géologique régional

Le dénivelé entre le sommet de la couronne récifale et le fond de l'ancien lagon reste constant, voisin de 10 mètres (sauf à proximité immédiate de la couronne récifale). Cette valeur, identique à celle trouvée à Maré et Lifou, montre qu'Ouvéa, comme les autres îles Loyauté, devait présenter avant surrection, un récif-barrière sub-affleurant, limitant un lagon profond d'une quarantaine de mètres.

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Carte gravimétrique de l’île d’Ouvéa
d'après LAPOUILLE, 1974.

La disposition de la couronne récifale en deux bandes continues, séparées par une large passe actuellement comblée, est héritée de la structure du substratum volcanique détectée par l’étude aérogravimétrique de LAPOUILLE 1974. (Voir la coupe générale d'Ouvéa).

Cette conformation explique la morphologie actuelle de l'île formée de deux parties importantes (Ouvéa Nord et Ouvéa Sud - Mouli) reliées par un isthme constitué de sédiments lagonaires (région de et bordé vers l’ouest par une vaste baie, d’une profondeur relativement importante (- 40 m au niveau de la passe d’Aménata).

 Les structures actuelles :

Les constituants géomorphologiques actuels de « l’atoll » d’Ouvéa sont les suivants :

 Partie externe :

Elle est constituée par un anneau de calcaires coralliens, correspondant à l’ancienne barrière récifale dont le sommet atteint + 46 m. Cette formation qui entoure le lagon, est bordé vers le large par des pentes externes dont la profondeur croît rapidement jusqu’aux plus grandes profondeurs (1000 m ou plus). La formation récifale se raccorde à l’édifice volcanique qui porte l’ensemble à une profondeur de 500 à 600 m.(voir le contexte géologique régjonal)

Cette barrière constitue un rempart de falaise dont l’altitude est comprise entre 10 et 46 mètres, quasiment continu du nord au sud de l’île principale, à l’exception de l’isthme central, que l’on suit aussi sur les Pléiades.

 Partie interne :

     Le lagon qui présente un fond légèrement incliné vers l’ouest et une profondeur croissante jusqu’à - 40 m, au niveau de la passe d'Aménata.

     La partie interne de l'île principale qui montre une succession de larges gradins qui s’étagent jusqu’au niveau de la mer. Au sein de cet ensemble l'on peut distinguer différentes entités émorphologiques ;

      Un plateau corallien surélevé d’altitude proche de 5 mètres, portant un couvert forestier dense, parfois impénétrable

      Une plaine côtière d’altitude inférieure à 5 mètres, bordée vers le littoral par les édifices sédimentaires caractéristiques de ce type d’environnement, notament, des formations « dunaires » et cordons littoraux actuels (ou fossiles), isolant des aires dépressionnaires en forme de gouttières, parallèles au trait de côte.

     Ces zones plus basses envahies par de l’eau douce ou salée, se caractérisent sur le plan pédologique par la présence de sol hydromorphes voir la carte pédologique, plus ou moins riches en matière organique (tourbes, mangroves, litière forestière …). Elles recélent en certains endroits des ressources en eau douce non négligeables.

Coupes géologiques de l'Ile d’Ouvéa.


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Coupe géologique génrale de l’île d’Ouvéa.

(d'après LAPOUILLE& al, 1974)

Coupe générale :

 La structure générale de l'île peut être illustrée par la coupe générale dressée par COLLOT et al. (1975), d'après les travaux de LAPOUILLE (1974). La coupe générale montre nettement le raccord entre la partie érodée et la partie intacte de l'édifice volcanique supportant l'atoll. Ce raccord se situe à 500 mètres environ sous la surface actuelle de la mer (ce qui donne une idée de l'ampleur des mouvements de subsidence générale ayant affecté la zone).

 Cette profondeur est comparable à ce que l’on observe à Maré où la limite entre la partie érodée et celle de la partie non érodée de l'édifice volcanique se trouverait vers 300 / 350 mètres sous le niveau actuel de la mer, c'est-à-dire de 150 à 200 mètres plus haut qu'à Ouvéa.

 La différence observée peut être due, au moins en partie, au fait que Maré est actuellement presque au sommet du bombement lithosphérique affectant la plaque australienne, avant son plongement sous la plaque Pacifique, au niveau de la fosse des Nouvelles Hébrides, tandis qu'Ouvéa commence à peine son ascention sur ce même bombement (DUBOIS et al. 1973).

 On peut estimer la puissance totale de l'ancien récif-barrière à quelques 400 mètres. La construction de l'atoll en deux phases actives séparées par une phase d'émersion durant la dernière glaciation du Wurm IV, observée à Maré n‘a pas pu être mise en évidence à Ouvéa.

 Coupes détaillées :

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Position des coupes des falaises de l’île d’Ouvéa.
(d'après COLLOT & al, 1975)

Diverses coupes ont été levées par COLLOT et al. (1975) aux alentours du Cap St. Hilaire, ans la région de la Pointe Escarpée et de la baie d'Ognat qui illustrent la géomorphologie de l’ancienne barrière récifale et du lagon.

 Région du cap Saint Hilaire :

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Coupe du littoral dans la région du cap Saint Hilaire.

La couronne récifale se maintient à une altitude relativement constante, voisine de 38 à 40 mètres. Elle présente en coupe, une zone centrale légèrement déprimée bordée de deux zones latérales plus élevées (morphologie typique observée également à Maré et à Lifou).

Tous les platiers présentent une inclinaison vers la mer de 3 à 4° en moyenne et sont bordés d'une pente externe inclinée de 45° environ. Le platier actuellement fonctionnel présente la même pente de 3 à 4° vers la mer que celle observée sur les platiers fossiles.

La coupe levée non loin du Cap St. Hilaire dans la baie de Fayaoué, montre un platier peu développé vers + 3 mètres, surmonté d'une zone de platier assez mal définie avec quelques niveaux incertains (entre + 3 et + 9 mètres).

Une grande encoche double couronne le tout, avec deux niveaux nets à + 9 mètres et + 12 mètres. Cette double encoche correspond probablement à celle observée sur les quatre coupes du Cap St. Hilaire. Son altitude semble d'ailleurs baisser assez régulièrement en allant du Cap St. Hilaire vers la baie de Fayaoué.

Dans cette dernière région, la couronne récifale n'existe pas. L’encoche et les différents niveaux marins relevés sont taillés dans les sédiments consolidés de la partie émergée du lagon (ancienne passe).

 Région de la Pointe Escarpée :

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Coupe du littoral dans la région de la pointe Escarpée

On y observe le niveau à + 3,5 mètres suivi d'une pente de débris coralliens présentant une inclinaison de 5° vers la mer. Cette pente relie ce niveau + 3,5 à une petite plaine côtière, large d'une centaine de mètres, presque horizontale et située à une altitude de + 8,5 mètres. Cette plaine doit être installée sur un platier (correspondant peut-être au platier + 6/ + 7,5 mètres observé au Cap St. Hilaire) mais la présence certaine d'un sol relativement épais empêche de niveler ce dernier avec exactitude (toute la plaine est occupée par une cocoteraie).

Au-dessus de cette plaine, les levés topographiques deviennent moins précis en raison du couvert végétal. On peut citer néanmoins un niveau vers + 15 mètres correspondant peut-être au niveau + 13 de la coupe . Au-dessus de ce niveau + 15 mètres, une petite encoche entaille la falaise vers + 21,5 mètres.

Enfin un niveau à + 31 mètres a été observé; qui peut être comparé au niveau + 28 / + 32 mètres observé sur les autres coupes de la région du cap Saint Hilaire.

 Région de la baie d’Ognat

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Coupe du littoral dans la région de la baie d'Ognat.

Sur la partie Nord d'Ouvéa, dans la baie d'Ognat, la couronne récifale est relativement bien développée et atteint 35 à 38 mètres d'altitude. On y observe un platier bien développé à + 13 m, ainsi qu'un petit platier surmontant une encoche marine à + 4 m.

 Conclusions :

 Un tableau récapitulatif des données concernant les terrasses et les encoches marines observées sur Ouvéa est présenté ci-après: Il permet de constater que la couronne récifale se maintient, tant dans la partie Nord que dans la partie Sud de l'île, à une altitude voisine de + 40 mètres et que le niveau à + 20 mètres observé au Cap Saint Hilaire doit exister aussi à peu près sur toute l'île.

Sur le plan pétrographique, tous les échantillons prélevés au cours de ces levés caractérisent une formation récifale corallienne.

 Les principaux niveaux relevés (rapportés au zéro hydrographique) sont:

 Type de formation

Altitude (0 hydrographique)

la couronne récifale déjà citée

+ 38 à + 40 mètres

une petite encoche passant latéralement à un platier peu développé

(+ 28 à + 32 mètres selon les coupes)

une grande encoche, en général double, avec un niveau très net

entre + 12 et + 13 mètres selon les coupes,

un platier localement très développé mais parfois absent.

à + 20 mètres

une série de petits platiers mal définis et irréguliers

entre + 7 et + 11 mètres,

le platier inférieur, bien développé

entre + 6 et + 7,5 mètres

 le platier actuel, fonctionnel,

0 hydrographique (0,96 m en dessous du 0 NGNC)

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