Gestion Durable de la Ressource en Eau des îles Loyauté
Aspect qualitatif
L´Eau que l´on boit et la Sante Publique

1 Peut-on boire sans danger pour la santé :

De l´eau de la citerne ? NON et OUI

                 NON si la citerne n´est pas entretenue régulièrement, si elle n´est pas vidée et nettoyée correctement, si elle laisse une ouverture par laquelle peuvent entrer les moustiques, les animaux (comme les rats, les cafards ou même les chats ou les chiens), si des débris de végétaux s´y accumulent. Dans ces conditions, l´eau est polluée et présente des risques de contamination pour toute la famille, et principalement pour les bébés, les enfants les femmes enceintes, les personnes âgées ou malades.

                 OUI si la citerne est régulièrement entretenue : vidée, nettoyée et désinfectée, si l´eau qui en sort est soit bouillie (puis refroidie et battue quelques instants avec une cuillère ou une fourchette propre pour la réoxygéner), soit traitée avec un désinfectant spécifique. Dans ces conditions, elle sera propre à la consommation, sans risque de contamination bactérienne ou virale.

De l´eau blanche (calcaire) ? OUI

                 OUI car le calcaire fourni du calcium à l´organisme, mais le mieux est de laisser reposer quelques instants l´eau qui vient d´être tirée au robinet avant de la boire. Ainsi, la majorité du calcaire se dépose au fond et on ne consomme qu´une quantité minimale de calcaire, suffisante à l´organisme.

De l´eau qui sent la Javel ? OUI

                 OUI à condition que l´odeur ne soit pas trop forte ou insupportable (à l´odeur ou au goût). Il est préférable, quand il y a une odeur forte de Javel qui se dégage de l´eau de boisson, de fermer la bouteille qui vient d´être remplie et de la placer quelques heures au réfrigérateur, l´odeur disparaîtra d´elle-même.

2 Quelles sont les maladies pouvant être transmises par l´eau ?

                 La consommation d´une eau de mauvaise qualité peut transmettre différents types de maladies.

                 La plus fréquente est la gastro-entérite : elle se caractérise par une diarrhée parfois aiguë accompagnée de vomissements, une absence d´appétit, ce qui entraîne une grande fatigue et une faiblesse générale, et parfois même une forte fièvre.

                 Cette maladie se transmet par voie orale, le plus souvent par de l´eau mal ou pas traitée, car les bactéries et virus vecteurs de ce type d´affections s´y développent (ce sont aussi les salmonelles, à l´origine de la salmonellose). La gastro-entérite est souvent sans gravité chez l´adulte, si elle est traitée convenablement et notamment par une réhydratation correcte (avec de l´eau propre, non souillée et sans microbe).

                 D´autres maladies beaucoup plus graves peuvent être transmises par une eau non potable :

La typhoïde : après une incubation silencieuse (sans symptôme visible), il y a apparition de céphalées (maux de tête), vertiges, insomnies, fièvre, saignement de nez, puis des ballonnements intestinaux et une diarrhée importante .

Les méningites : c´est une affection grave de la base du cerveau autour de la moelle épinière ; les signes sont des céphalées, des vomissements et une raideur de la nuque .

Les dysenteries : elles se caractérisent par des diarrhées douloureuses avec pertes de sang, puis des complications hépatiques .

L´hépatite : c´est une inflammation du foie, combinée à des troubles digestifs, une jaunisse, de la fièvre, des courbatures, donc une grande fatigue .

La leptospirose : la fièvre est importante, liée à une hépatite avec jaunisse et hémorragies .

Le choléra : les selles sont fréquentes, accompagnées de vomissements, d´une soif intense, d´un amaigrissement rapide, de crampes dans les membres inférieurs, d´un abaissement de la température, la personne est très abattue .

La poliomyélite (ou polio) : maladie grave qui peut se fixer sur les centres nerveux, notamment la moelle épinière et provoquer des paralysies graves ; elle débute comme toute intoxication par de la fièvre et des vomissements.

3 Quels sont les dangers de la prolifération des moustiques dans les citernes ?

                 Le risque principal est celui de la dengue: c´est une maladie transmise par les piqûres d´une espèce de moustiques (Aedes aegypti). Seule la femelle pique, elle se nourrit du sang des hommes ou des animaux pour que ces œufs parviennent à maturité, avant d´être déposé dans de l´eau stagnante, douce ou saumâtre, limpide ou trouble, dans toutes sortes de récipients.

                 La dengue est une maladie à virus se caractérisant par une forte fièvre, des courbatures intenses et des maux de tête. Le virus se transmet lorsqu´un moustique pique un individu malade, en aspirant du sang infecté par le virus, et va piquer d´autres personnes ensuite.

                 Un autre type de maladie existe, cependant plus rare : un moustique peut transmettre la filariose par piqûre. Ce moustique (Aedes vigilax) est différent du précédent mais il présente le même principe de reproduction en milieu très humide. Il héberge dans son corps des larves de filaire (aspect de vers microscopique). Ces microfilaires sont déposés sur la peau de la personne piquée lorsqu´ils ont atteints un stade de maturité. Ils pénètrent dans les tissus du corps humain et provoque une hypertrophie des membres inférieurs et organes génitaux (gonflement liés au déversement de la lymphe Expliquer ce mot autour des organes à la suite de l´éclatement des vaisseaux lymphatiques). La filariose se transmet d´un individu à un autre lorsque une femelle de moustique pique un individu malade, elle absorbe des filaires en même temps que le sang, qu´elle déposera sur une autre personne piquée.

4 L´eau de Lifou est-elle de bonne qualité ?

                 Pour répondre à cette question, il faut d´abord s´intéresser à deux types d´analyses pour connaître la qualité d´une eau : les données physico-chimiques, et, les données bactériologiques.

                 Concernant la physico-chimie (c´est-à-dire les différents éléments minéraux présents dans l´eau, sa température, sa couleur, la présence éventuelle de polluants chimiques), oui, l´eau de Lifou est correcte et propre à la consommation, si ce n´est qu´elle est un peu trop salée, mais cela ne présente pas un risque majeur pour la santé. Cette qualité correcte au niveau des ions pourrait être altérée par des surpompages au niveau de certains forages, ce qui entraînerait un mélange avec de l´eau salée.

                 Par contre, pour la bactériologie (contrôle de la présence de virus et/ou bactéries), non, l´eau n´est pas de bonne qualité, c´est à dire qu´il y a souvent dans l´eau des forages un grand nombre de micro-organismes qui peuvent se révéler très dangereux pour la santé. Toutefois, l´eau du réseau est de bien meilleure qualité que l´eau des citernes, il est donc très fortement conseillé de boire l´eau du réseau communal mais surtout pas celle des citernes particulières. Les problèmes bactériologiques de l´eau du réseau se concentrent et sont multipliés dans les réservoirs municipaux (qui correspondent en fait à des grosses citernes), où les problèmes sont d´autant plus grands que le volume de stockage est important.

                 Il est donc impératif, pour éviter tout risque, de traiter l´eau avant de la boire. La meilleure solution serait de réaliser un traitement général du réseau, par chloration adaptée, avant de la distribuer chez les particuliers (ce qui est malheureusement très rarement le cas actuellement).

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La Pollution de l´Eau

1 Les risques de pollution de la nappe sont-ils important ?

La réponse est oui, bien qu´à l´heure actuelle, le niveau de pollution semble assez faible.

Les mesures détaillées qui permettraient d´affiner ce diagnostic qualitatif sont aujourd´hui insuffisantes et c´est indéniablement un domaine qui devra faire l´objet d´études spécifiques complémentaires.

La réponse est oui car les pollutions de surface d´origine anthropique Expliquer ce mot sont susceptibles de migrer rapidement vers la nappe. La rapidité du transit vertical dans la zone dénoyée semble constituer un des paramètres forts du système hydrogéologique de Lifou, mais là encore, des mesures complémentaires devront être effectuées. Il faudra également préciser les temps de transit de décharge de la nappe dans la zone noyée, de même que ses directions privilégiées, pour préciser l´impact des pollutions liées à l´activité humaine. La faible épaisseur des sols, l´existence d´un karst Expliquer ce mot (gouffres, dolines, boyaux souterrains), la fracturation, facilitent le transit de la pollution vers la nappe. Il est indéniable que des mesures devront être prises sur ce sujet.

Là encore, la mission d´ADAGE Expliquer le motse positionne sur cette problématique, mais la connaissance hydrogéologique stricte du milieu est ici insuffisante pour apporter aujourd´hui les éléments scientifiques nécessaires à l´analyse fine du problème. L´une des tâches assignées à la mission ADAGE Expliquer le mot sera de définir le niveau de connaissances à acquérir pour répondre correctement au problème posé.

2 Quelles sont les sources réelles de pollution et comment les éviter ?

Tout ce qui pollue la nature pollue également l´eau, car les déchets se dégradent avec le temps, et les pluies font pénétrer ces éléments microscopiques dans le sol jusqu´à la lentille d´eau douce.
Les décharges, observées un peu partout sont des sites de concentration de pollution, car on y retrouve toutes sortes de déchets (ménagers, industriels, matériaux, ...) qui sont pour certains (comme les piles ou les batteries) extrêmement polluants, car les éléments qu´ils contiennent se déversent sur le sol puis y pénètrent. Ils descendent lentement jusqu´à la lentille et se répartissent dans l´eau de consommation courante. Les huiles de garages, l´essence,... sont également des produits dangereux : ils s´infiltrent dans le sol, se mélangent à l´eau souterraine avant d´être rejetés dans la mer (ce qui entraînera également à plus long terme une pollution du littoral).
L´un des gros risques de pollution est lié à l´eau utilisée dans les habitations (douches, lessives, toilettes, vaisselles,...), aux fosses septiques non entretenues ou mal entretenues, aux camions de vidanges de ces fosses vidés un peu n´importe où dans la nature, aux eaux s´écoulant des différents élevages animaliers (bovins, porcins, poulaillers,...) : toutes ces catégories d´eau sont très riches en bactéries et virus de toutes sortes, souvent vecteurs d´un grand nombre de maladies. Ce sont d´ailleurs ces "parasites" que nous retrouvons dans les analyses de contrôle de l´eau des forages.

Pour y remédier, il faudrait :

D´abord éviter de considérer l´environnement comme une poubelle, et ne pas jeter tout et n´importe quoi dans la nature.

Limiter l´implantation des décharges à des zones très précises, où certains déchets pourraient être traités avant d´être rejetés dans la nature ; où tout ce qui est dangereux serait récupéré avant d´être envoyé sur Nouméa pour un traitement approprié.

Installer des fosses septiques à la sortie de toutes les habitations afin de récupérer toutes les eaux usées, pour les décanter avant de les laisser repartir dans la nature. Pour entretenir ces fosses, qui sont à l´heure actuelle vidées par un camion spécial (mais qui lui-même déverse son chargement n´importe où pourvu qu´il soit un peu éloigné d´une habitation et de la vue des gens), en attendant qu´une structure appropriée soit mise en place, il faudrait éviter au maximum de les vider (afin d´éviter de concentrer les germes dans un même endroit) et utiliser des produits d´origine biologique (tels que le SEPTIFOS), vendu par boîte de plusieurs sachets, dont le coût est minime : un sachet tous les mois environ suffirait à entretenir naturellement une fosse septique, et éviterait la vidange pour plusieurs années.

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3 Où sont rejetés les déchets médicaux ?

Les déchets les plus importants liés à la pratique médicale, tels que les seringues, les flacons de produits dangereux, les "tuyauteries" utilisées en chirurgie,... sont conditionnés ensemble dans des récipients solides et hermétiques, et envoyés au CHT Gaston Bourret pour y être incinérés. Les compresses, les pansements, certains emballages de médicaments ou produits, qui doivent être détruits pour éviter tout risque de contamination, sont simplement jetés à la décharge ; pour ceux-là, il serait bien de les brûler régulièrement (tous les jours) simplement dans des récipients adaptés (comme des touques ou des fûts).
L´eau utilisée dans les établissements médicalisés doit également être traitée avant d´être rejetée dans la nature. Il existe déjà des fosses septiques, mais toute l´eau n´y transite pas forcément ; or, elle transporte souvent un grand nombre de micro-organismes qui peuvent s´avérer très dangereux pour la santé publique.

4 Un assainissement collectif serait-il intéressant ?

Oui, évidemment, mais il est souvent très coûteux et pas forcément indispensable. Il serait plus intéressant d´installer des mini-réseaux dans le cas de tribus très recentrées. Dans tous les autres cas, il vaut mieux développer au maximum l´assainissement individuel (installation de fosses septiques, de systèmes de protection de l´environnement et de traitement des eaux usées), sachant que, dans le cadre du projet de développement, toutes les nouvelles installations de ce type ou leur mise en conformité, sont prises en charge à 100% par la Province ; il permettrait de collecter les eaux usées de toutes sortes et de toutes habitations, entreprises ou administrations. Elles devraient subir un traitement global avant d´être rejetées dans la nature sans risque de pollution.
Concernant de petites ou moyennes tribus, ce type d´assainissement n´est pas indispensable, par contre, il est impératif d´avoir recours à des fosses septiques où l´eau est décantée avant d´être rejetée à bonne distance des lieux d´habitations ou de jeux des enfants. Ce système, s´il est bien entretenu, minimise au maximum les risques de pollution ou de contamination bactériennes.

5 Existe-t-il des contrôles sur la pollution ?

OUI, dans une certaine limite, des prélèvements sont effectués tous les trois mois au niveau des différents forages de l´île. Des analyses de contrôle bactériologiques et physico-chimiques sont réalisées sur ces prélèvements et concernent donc uniquement l´eau brute, prélevée dans la lentille, avant traitement pour la distribution. Mais il serait également très important de réaliser ces mêmes analyses sur l´eau distribuée au consommateur, pour contrôler l´efficacité du traitement de chloration : à savoir si l´eau du réseau communal ne présente aucun risque pour la consommation.
Par contre, il n´existe aucun contrôle de pollution par les déchets issus de garages, d´industries diverses, et des décharges autorisées ou non qui sont très nombreuses sur l´île. Ceux-ci seraient très importants à mettre en place car certains ions issus de la dégradation des déchets se sont révélés extrêmement dangereux pour la santé.

6 Pourquoi la nappe est-elle plus sensible aux polluants qu´une rivière ?

Une rivière est caractérisée par une eau douce, claire, et qui circule rapidement depuis sa source vers la mer. Ce cheminement peut être plus ou moins long, le volume d´eau plus ou moins important et le débit variable. Une pollution qui arriverait dans le lit d´une rivière, serait rapidement emportée par le courant vers l´aval. Pour une pollution accidentelle, elle est rapidement diluée dans tout le volume d´eau avant d´arriver à la mer, puis après son passage, l´eau redevient propre. Pour une pollution "continue", l´eau en amont de ce problème reste propre.
Une nappe (ou une lentille comme à Lifou) est un volume d´eau souterraine qui reste en place, et ne subit que des mouvements de très faibles amplitudes. Donc la pollution d´une nappe est souvent plus importante et plus difficilement gérable car l´eau est renouvelée à un rythme beaucoup plus lent.

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7 L´Eau et son Utilisation Quotidienne?

1- Quel est l´intérêt des citernes d´eau dans le réseau communal ? Et comment les gérer ?

L´eau de consommation doit donc absolument être traitée correctement avant d´être consommée, afin d´éviter tout risque d´épidémies ou de transmission de maladies.

Concernant les citernes (ou réserves), tant chez les particuliers que dans les petites (ou moyennes) collectivités, il faut commencer par les nettoyer régulièrement et les fermer.
Il existe aujourd´hui, différents modèles et tailles de citernes : en tôle galvanisée, en ciment, en plastique, et même en bois (doublée intérieurement d´une épaisse toile plastique appelée liner). Quel que soit le modèle choisi, il existe deux solutions de gestion :

Þ la citerne peut être reliée au réseau de distribution de l´île :

Ce système permet de renouveler régulièrement l´eau contenue dans la réserve, et ainsi de ne pas la laisser stagner, ce qui est souvent un des premiers risques majeurs de souillure de l´eau. Même en cas de coupure sur le réseau, la réserve restera pleine tant que l´eau n´aura pas été utilisée. En effet, au fur et à mesure des besoins quotidiens, l´eau passe du réseau à la citerne, et de la citerne au robinet ; la citerne est ainsi automatiquement remplie à chaque utilisation. En cas de problème sur le réseau, il suffira de gérer correctement sa réserve (en évitant toute surconsommation pendant ce laps de temps). Ce système est le plus fiable et le plus facile à gérer, et il ne demande pas de gros investissements financiers.

Le réservoir doit toujours être hermétiquement fermé pour éviter toute introduction d´insectes (tels que les moustiques, qui en feraient leur lieu de ponte favori, ou les cafards), d´animaux (comme les rats qui sont toujours très attirés par des zones très humides), des enfants, ainsi que toute accumulation de végétaux (qui deviennent rapidement de véritables foyers microbiens ou de larves d´insectes). En évitant déjà ces types de contamination, on réduit de beaucoup les risques de transmission de maladies.

Þ la citerne peut ne pas être reliée au réseau. Dans ce cas, elle est alimentée soit par le recueil des eaux de pluies, soit manuellement par l´utilisation d´un tuyau (donc remplissage avec l´eau du réseau). Ce type de système est beaucoup moins fiable que le précédent :

- les eaux de pluies ont pu être contaminées lors de leur " transport " du toit, ou du lieux de récupération vers la citerne ;

- l´eau du réseau qui sort du tuyau dans l´air ambiant et remplit la réserve peut aussi pendant ce transfert, être contaminée par des agents environnants ;

- l´intérieur de la citerne doit être nettoyé et désinfecté à l´eau de Javel très régulièrement (environ une fois par mois), et l´eau qui y est contenue doit être utilisée ou changée avec la même régularité ;

- quel que soit le type de remplissage du réservoir, il est impératif de prévoir un traitement efficace entre la sortie de l´eau et sa consommation par les populations. Sans traitement effectué, il est très fortement conseillé de n´utiliser cette eau que pour l´irrigation des cultures ou tout ce qui touche à l´élevage.

En fonction de la solution choisie, il est fortement conseillé de prévoir un système de désinfection de l´eau avant de la boire :

- le système le plus simple mais néanmoins très efficace, est de faire bouillir l´eau quelques minutes, puis de la laisser refroidir. Avant de la mettre en bouteille, il est important de la battre avec une cuillère ou une fourchette propre afin de la réoxygéner ;

- une autre solution est de se procurer, à moindre frais, un désinfectant qui rend l´eau bactériologiquement parfaite en quelques instants :

* soit en comprimés (valables pour des récipients de 1 à 20 litres),

* soit en poudre (pour des réservoirs jusqu´à 50 000 litres, de préférence reliés au réseau).

- il existe également des systèmes adaptables à des installations particulières, ou collectives. Ils sont installés sur le tuyau reliant la citerne à l´habitation, ou directement le réseau au logement, et traitent directement toute l´eau qui circule dans ce sens : l´eau obtenue au robinet dans la maison est toujours potable sans autre traitement ni manipulation.

DONC, concernant les anciennes citernes, l´eau ne doit pas être bue, mais peut être utilisée pour l´entretien, l´élevage et l´irrigation, ce qui permet quand même de ne pas gaspiller l´eau du réseau et par conséquent de baisser le coût de cette eau (car le volume utilisé sera moindre).
Pour les nouvelles installations, l´intérêt des citernes est évident car il y a encore beaucoup de coupures d´eau sur le réseau, elles permettent de ne pas interrompre l´alimentation en eau propre.
En résumé, les 2 types de citernes présentent des intérêts.

2- Les habitudes sociales présentent-elles des risques pour la nappe, comment ne pas la souiller?

Les habitudes sociales, autant que les entretiens et les enquêtes ont pu les cerner, mais aussi à travers la connaissance intime du milieu des membres du groupe ADAGE, semblent présenter plusieurs types de risques vis-à-vis de la ressource en eau de la nappe en termes de pollution:

L´habitude de déverser les ordures ménagères, y compris huiles, piles ou couches de bébé, dans les "trous" pouvant être en contact direct avec la nappe, est encore très répandue.

Le sous-équipement des ménages en sanitaires et fosses septiques vidangées.

L´existence de parcs à cochons ou à volailles concentrant les rejets de lisier.

Le déversement des eaux usées de vaisselle et de lavage directement dans le sol ou dans un trou.

L´occasionnel entretien personnel de véhicule et le rejet local d´huiles de vidange.

L´épandage ou l´aspersion de produits chimiques dans les jardins (herbicides, pesticides, raticides, engrais...).

8 L´Eau et l'histoire

1- De quelle façon les anciens recueillaient l´eau?

                 Les anciens recueillaient habituellement l´eau dans les trous d´eau et dans les grottes. Dans certaines grottes, des lieux précis étaient réservés à la collecte d´eau destinée à la consommation, tandis qu´une autre partie de la grotte était réservée à la baignade ou au lavage. Malgré l´arrivée du réseau, certaines de ces grottes conservent leur caractère "sacré" ou protégé et le respect des us et coutumes vis-à-vis de l´eau est toujours strictement exigé aujourd´hui. Ces grottes sont souvent interdites à tout étranger à la tribu et encore plus à l´île dans un souci de protection de la ressource.

9 L´Eau à l'état naturel

1- L´eau dans la nature est-elle toujours potable ?

NON , elle ne l´est généralement pas. En dehors de toute zone industrielle, d´urbanisation ou d´habitation, il y a partout des animaux de toutes les tailles qui vivent en liberté. Ceux-ci sont très souvent porteurs de maladies, même sans être malades eux-mêmes, mais ils les transportent soit sur leur peau, dans leur pelage, ou dans leur corps. Lorsqu´ils vont boire, se baigner ou faire leurs besoins dans une rivière ou un point d´eau naturel, ils polluent en même temps l´eau où ils se trouvent. De même, les urines et les excréments d´animaux sauvages présentent un risque de pollution bactériologique parfois importante. Si ces animaux vivent à proximité de ces trous d´eau ou dans des grottes, le plafond de la lentille d´eau est naturellement plus proche, et la pollution atteint donc l´eau plus rapidement.

2- Qu´est-ce que l´eau douce, l´eau saumâtre et l´eau salée ?

                 L´ eau douce est une eau naturellement très pauvre en sels minéraux ; elle se trouve généralement dans les lacs, les cours d´eau, les sources, les nappes souterraines.
                 L´ eau saumâtre est une eau moyennement salée ou mélangée à de l´eau de mer ; on la retrouve dans les estuaires de rivières, au niveau des mangroves, et, aux contacts entre eau douce et eau de mer.
                 L´ eau salée caractérise l´eau de mer, très riche en sels minéraux dissous.
                 Les deux premières ne nécessitent pas de gros traitement pour être potables, contrairement à la dernière qui doit d´abord subir une désalinisation

10 L´Eau et l'argent

1- Pourquoi construire une citerne lors d´une installation (part très importante de l´investissement) ?

                 L´intérêt d´une citerne dans l´état actuel de la distribution en eau est de palier à un certains nombres de coupures qui ont encore lieu régulièrement sur le réseau. Ainsi, lors de ces coupures, les personnes en possession d´une citerne ne sont pas totalement privées d´eau. Pour les nouvelles installations de famille, les citernes continuent d´avoir un intérêt majeur, à condition qu´elles ne fuient pas et qu´elles soient entretenues. Il existe maintenant des citernes en plastique spécial, de différentes tailles, qui peuvent être enterrées (avec un maximum de 50cm de terre par dessus), semi-enterrées ou à l´extérieur (puis «habillées naturellement»). Concernant les anciennes citernes, elles ne sont pas adaptées pour être reliées au réseau car elles ne sont généralement pas étanches. Par contre, il est important de préciser que l´eau de ces citernes existantes actuellement n´est pas bonne à boire : il faudrait la faire bouillir avant toute consommation. En fait, il serait plus judicieux de conserver aux citernes, remplies grâce à l´eau de pluie, une utilisation limitée à l´irrigation et à l´élevage des animaux, mais en les nettoyant régulièrement pour éviter les prolifération de moustiques et la putréfaction des débris qui peuvent s´y accumuler ; ceci permettrait entre autre de faire baisser une facture d´eau qui pourrait devenir très importante en rapport avec un gaspillage trop élevé de l´eau du réseau.

11L´Eau et l'agriculture

1- Quels sont les produits dangereux pour la nappe ?

                 En règle général, tous les produits artificiels, apportés en grandes quantités sont dangereux et risquent à terme de polluer la nappe. Dans l´état actuel des choses, ce ne sont pas les engrais, les herbicides ou les produits vétérinaires qui présentent le plus de risques, car ils sont encore utilisés dans de très faibles proportions. Néanmoins il convient de continuer de les employer avec discernement, dans les limites de leur utilité et dans des proportions correctes, pour éviter une pollution trop rapide de la lentille d´eau.

2- Quelle est la différence entre un forage agricole et un forage communal ?

                 Un forage agricole est souvent sur une propriété privée, réalisé par un particulier dans le but d´irriguer ses terres cultivées, d´abreuver et de baigner ses animaux d´élevage, de nettoyer les bâtiments. Mais en aucun cas, cette eau n´est destinée à être consommée : elle n´a fait l´objet d´aucun contrôle de ses qualités physico-chimiques ou bactériologiques, et elle n´est pas traitée dans le but de la rendre potable. Elle peut donc souvent être source de nombreuses maladies.

                 Un forage communal est réalisé par la municipalité, dans une zone de la nappe a priori sans risque pour l´utilisation à long terme de cette ressource en eau. A partir de ce forage, l´eau est transportée par des conduites municipales, soit directement chez les particuliers, soit dans des réservoirs communaux avant d´être répartie aux habitations. Cette eau est analysée régulièrement (tous les 3 mois) et doit faire l´objet d´un traitement efficace préalablement à sa distribution (il doit donc avoir lieu en début de réseau, normalement !), pour qu´elle ne présente plus de risque pour la santé des administrés. Pour les communes où existent des réservoirs municipaux, le traitement devrait être fait à la sortie du forage, puis être réitéré au départ des différents réservoirs, en vérifiant toujours qu´ils sont fermés empêchant toute intrusion extérieure (sauf personnel d´entretien et de gestion).
                 Les prélèvements sont acheminés sur Nouméa pour y être analysés en laboratoire ; il serait intéressant d´envisager d´effectuer aussi des prélèvements après traitement de désinfection de l´eau, pour vérifier que celui-ci est efficace.

12 Les réseaux d'eau

1- Où part l´eau sale de la douche et des toilettes ?

                 Actuellement, toutes les eaux appelées "usées" s´évacuent directement dans la nature derrière les habitations ; exception faite de certaines maisons (souvent de construction récente), équipées de fosses septiques). Ces types d´évacuations directes présentent des risques majeurs pour la salubrité de l´environnement et la santé publique.

                 On distingue deux catégories d´eaux usées : les eaux vannes (eaux des WC) et les eaux ménagères (eaux de cuisine et de salle de bain) : ces eaux devraient être mélangées avant d´être envoyées dans une fosse septique afin d´y être décantées et partiellement traitées avant leur rejet dans la nature, assez loin du lieu d´habitation et des zones de passage des personnes (ceci permettrait de minimiser les risques de pollution et de diffusion de maladies d´origine bactérienne ou virales).

 

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