Gestion Durable de la Ressource en Eau des îles Loyauté
Aspect quantitatif
La Ressource en Eau

1 Existe t´il un problème de ressource en eau sur LIFOU ?

La réponse est non.

                 Il y a suffisamment d´eau pour couvrir les besoins actuels et futurs de l´île, et ceci même si on envisage un développement important (démographie, tourisme, agriculture). Pour illustrer ces propos, un seul chiffre sera donné. Les prélèvements réalisés sur la nappe représentent moins de 1% de la recharge naturelle de celle-ci par l´infiltration efficace.

2 La ressource en eau utilisable est-elle également répartie sur l´ensemble de l´île ?

La réponse est non.

                 Il y a de l´eau pratiquement partout, mais deux zones correspondent à des réservoirs plus importants qu´ailleurs. Ce sont les deux dômes qui apparaissent sur la carte des isopièzes Expliquer ce mot du toit de la nappe. A partir de ces deux points hauts de la nappe, l´eau est sans cesse en mouvement vers la périphérie de l´île, c´est à dire vers la mer où se décharge sans arrêt l´eau douce.

3 Peut-on sans danger effectuer des prélèvements dans la nappe d´eau douce n´importe où ?

La réponse est non.

                 En toute zone, en pompant sous le niveau piézométrique Expliquer ce mot de la nappe, on va récupérer de l´eau, mais le principe de Ghyben Herzberg Expliquer ce mot explicité plus avant impose de prendre des précautions. En effet, si l´on rabat trop fortement en un point le niveau piézométrique Expliquer ce mot (par pompage, par exemple), on va obligatoirement engendrer une remontée de l´interface eau salée/eau douce au droit du pompage, amenant ainsi une saumure Expliquer ce mot progressive des zones intéressées, saumure d´autant plus importante que le rabattement sera plus fort et plus long. Il s´agit là d´un phénomène pernicieux car progressif et particulièrement grave puisqu´il est quasi irréversible à l´échelle humaine. Il s´agit là du principal problème "hydrogéologique" de la lentille de Lifou.

4 Connait-on les zones où l´on peut effectuer des prélèvement en toute sécurité et inversement quelles sont les zones à éviter ?

La réponse est oui.

                 La synthèse effectuée par A2EP, en collaboration avec le BRGM Expliquer ce mot et le service hydrologique de l´IRD (ex ORSTOM) apporte des réponses claires sur le sujet. Les deux dômes hauts de la lentille sont les zones à privilégier pour effectuer les prélèvements. Il est possible d´effectuer des prélèvements ponctuels à faible débit ailleurs que dans ces zones, mais les risques de saumure Expliquer ce mot de ces points de prélèvements seront d´autant plus importants que l´on s´éloignera de ces dômes pour se rapprocher du littoral et que l´on pompera davantage et plus longtemps. Au seul plan hydrogéologique, il n´est pas concevable de réaliser (en l´état actuel du niveau des connaissances sur le sujet) des prélèvements importants ailleurs que sur les zones recommandées par la synthèse sans cesse actualisée du bureau d´études en charge du problème sur Lifou.

5 Connait-on les débits d´exploitation à respecter et quels sont les risques à ne pas les respecter ?

La réponse à la première partie de la question est oui.

                 Les débits recommandés s´étagent entre 25 m³/h et moins de 10 m³/h selon la localisation du point de forage par rapport aux points hauts de la lentille. Ne pas respecter les débits recommandés, c´est s´exposer à plus ou moins brève échéance, (selon le rythme et l´amplitude des dépassements) à une réponse naturelle imparable : la saumure Expliquer ce mot progressive du point de prélèvement. Il ne paraît pas raisonnable d´espérer obtenir des débits d´exploitation supérieurs à 30 m³/h, car la ressource est très vulnérable aux contaminations d´eaux salées.

6 Quelles sont alors les solutions pour répondre à un besoin plus important en eau, un besoin non couvert par les stations de pompage ?

La réponse strictement hydrogéologique est simple.

                 Il faut augmenter le nombre des points de prélèvements. On peut sans danger pour la nappe (à condition de respecter les débits préconisés) multiplier le nombre de forages, dès lors qu´on les éloigne les uns des autres d´une certaine distance (200 m, en toute sécurité). Naturellement, ceci a un coût, mais c´est à ce prix que l´on ne commettra pas d´erreur grave susceptible d´affecter la pérennité de la nappe. Les meilleures façons d´aborder les stratégies d´aménagement découlant de la contrainte évoquée (multiplication des points de forage) sont l´objet de l´attention de mes collègues de la mission ADAGE Expliquer le mot qui s´efforcent de recueillir et d´analyser les éléments du problème. C´est l´un des objets de la mission d´ADAGE Expliquer le mot à Lifou. Le volet hydrogéologique est simplement l´une des approches thématiques de cette analyse plurielle.

7 Combien consommons-nous d´eau ?

                 Les consommation moyennes constatées sur l'Île de LIFOU sont:

Consommation en période fraîche : 1,03m³/j/hab
Consommation en période chaude : 2,44m³/j/hab

Cependant, certaines tribus ou secteurs tels que Waihmene, Hapetra, Hmalaxapo, Hnaman, Traput et Mu ont des consommations en période chaude de l´ordre de 3 à 3,5m³/j/hab.

8 Y a-t-il beaucoup de gaspillage, et qui gaspille l´eau ?

Beaucoup? : Difficile à dire..

                 En général oui car les gens ne paient pas l´eau du réseau et par conséquent ne ferment pas systématiquement les robinets.
De plus il existe aussi un gaspillage pour des raisons techniques : 50% de perte sur le réseau contre 25% à Nouméa.

9 Quelle est la relation entre le couvert végétal et la ressource en eau (rosée, couloir de pluie Expliquer ce mot ) ?

Les zones à fort couvert végétal, dès lors qu´elles ont une extension suffisante bénéficient d´une humidité supérieure à celle des zones dénudées environnantes. Un exemple régional bien connu est celui de la fôret humide du parc de la rivière bleue en Province sud. Dès que l´on quitte le maquis minier pour pénètrer sous le couvert végétal de la fôret primaire résiduelle, l´humidité augmente très sensiblement. Ce type de phénomène est fréquent et donne lieu à l´établissement de microclimats humides. La conservation des zones à fort couvert végétal est donc essentielle à l´équilibre de l´environnement et à la pérennité des nappes aquifères Expliquer ce mot.

10 Quel est le prix d´un forage ?

                 Le coût d´un forage est fonction de la profondeur du trou, ainsi que du nombre de forages à réaliser au cours de la même campagne. Plus le nombre de forages est important et plus le coût unitaire sera moindre.
A titre d´information on peut estimer que le montant unitaire d´un forage varie entre 6 et 10 Millions de francs CFP.
Mais pour avoir de l´eau potable au robinet, il faut rajouter :

Le coût d´une station de pompage qui varie en fonction du débit d´exploitation souhaité (de 0 à 30m³/h) et du type d´alimentation électrique utilisée (secteur ou groupe électrogène). Sur Lifou, les prix peuvent varier dans une fouchette allant de 5 à 14 Millions de francs CFP.
Le coût d´une station de chloration Expliquer ce mot : environ 3 Millions de franc CFP
Le coût d´un réservoir en béton armé : de 11 à 25 Millions de franc CFP en fonction de sa capacité
Le coût du raccordement électrique, du réseau d´adduction et de distribution, des stations de surpression et de chloration.

On a ainsi pour l´implantation d´un nouveau forage sur un réseau d´adduction d´eau potable, un coût total pouvant aller de 50 à 150 Millions de frans CFP.

11 Les forages assèchent-ils les champs qui sont à proximité ?

La réponse est non.

                 Les forages exploités à Lifou n´entraînent pas d´assèchement significatif des champs alentours. Les débits d´exploitation et la déformation (développement du cône de dépression de la surface piézomètrique Expliquer ce mot) lors du pompage sont relativement réduits. De ce fait, il n´y a aucune répercussion sur les champs, si la notion de périmètre de protection est respectée. A chaque forage de production se trouve en effet associé un périmètre de protection immédiat (20 à 50m) clôturé où toutes les activités autres que celles en relation avec l´alimentation en eau y sont interdites, et un périmètre de protection rapproché (300m) au sein duquel les exploitations de carrières, les dépôts d´ordures, d´hydrocarbures, de produits chimiques, les cimetières et les activités agricoles et élevages ne sont pas autorisés.

12 Pourquoi y-a-t'il des coupures, des baisses de pression, comment arrive l´eau au robinet ?

                 Les coupures d´eau ont deux causes principales. La première, les interventions techniques à réaliser sur le réseau qui demandent d´arrêter la circulation de l´eau sur le secteur des travaux. La seconde est liée au dépassement ponctuel sur une partie du réseau des capacités de production et de réserve pendant les heures de pointe de la consommation.

Les baisses de pression s´expliquent par le principe même de la distribution de l´eau sur l´île. Le réseau actuel de distribution de l´eau de Lifou est un réseau essentiellement gravitaire, ce qui veut dire que l´eau circule dans les tuyaux depuis les réservoirs vers les robinets des points d´utilisation sous la seule force de la gravité. La pente, (en fait le gradient hydraulique) permet le cheminement de l´eau et la pression de l´eau dans les tuyaux dépend de la différence d´altitude et de la distance entre le point de départ (le réservoir) et le point d´arrivée (le robinet de l´utilisateur). Lorsque l´utilisateur est éloigné du réservoir , et que celui-ci est fortement sollicité (heures de pointes de la consommation), la pression de l´eau diminue. Le schéma directeur de production et de distribution de l´eau sur Lifou pour les 25 prochaines années prévoit un réseau surpressé. Dans ce cas, la pression de l´eau est artificiellement augmentée par l´intermédiaire d´un surpresseur (une pompe) afin d´assurer une pression suffisante en tout point du réseau, ce qui n´est pas encore le cas du réseau de Lifou.

Contacts : Chef de programmeWebmaster Haut de page Dernière mise à jour : 16 août, 2004
Ministère des DOM TOM