Gestion Durable de la Ressource en Eau des îles Loyauté
Aspect gélogique de Tiga
Contexte Régional Carte Géologique Carte Pédologique
Localisation de la Ressource Coupe Nord/Sud Modèles 3D

Carte géologiques de l'Ile de Tiga

 LA CARTE GEOLOGIQUE

     Géomorphologie :

    Agrandir (190 Ko)

    Modèle numérique de terrain de l’île de Tiga.

    Tiga présente une forme allongée et une morphologie en marche d’escalier avec trois niveau distincts s’étageant vers le sud-est. Le littoral est bordé au nord-ouest par une plaine côtière légèrement surélevée, surmontée de deux plateaux calcaires en forme de cuvette qui s’individualisent nettement :

       le plateau du «maïs» se situe à une altitude comprise entre 28 et 38 mètres.

       le plateau des « ignames » forme le point culminant de l’île à 92 mètres, avec une altitude moyenne évoluant entre 61 et 70 mètres. Il est bordé dans son quart nord-est, sud -ouest, par une falaise d’une largeur variant entre 5 et 20 mètres et atteint des altitudes de 70 à 90 mètres.

       Le rempart de falaise correspond à une ancienne barrière récifale et les deux plateaux cités précédemment, incurvés en leur centre, ont la morphologie d’un ancien lagon.

 COUPES GEOLOGIQUES :

 Coupe géologique Longitudinale de Tiga :

Agrandir (190 Ko)

Plan de la coupe géologique longitudinale de l’île de Tiga.

Agrandir (190 Ko)

Coupe longitudinale de l’île de Tiga.

Le profil topographique de cette coupe géologique longitudinale de Tiga a été dessinée à partir du modèle numérique de terrain (voir modéle 3D de Tiga). La nature du substratum géologique a été sur-ajouté en fonction des indications de Koch et Obélianne 1958 qui donnent la structure géologique schématique de l'île. Ces indications ont été complétées par les log de sondage levé par J.M. Gageonnet pendant la campagne de prospection de 1989.(Voir la la ressource en eau )

Par ordre chronologique (de la base au sommet) :

Une épaisse série calcaire constitue les assises de l'île, qui présente deux faciès principaux :

     Des calcaires construits à gros coraux, très bien cristallisés, durs et peu fissurés avec des passées de sables biodétritiques à litages peu marqués Ces faciès construits sont riches en madrépores massifs ou branchus, porites, acropora,..., caractérisant un édifice corallien. Cette formation est recoupée par des calcaires biodétritiques dont les faciès sont décrits ci-dessous.

     Des faciès biodétritiques qui ont une granulométrie grossière à fine et présentent des niveaux sableux riches en débris de coraux, coquilles de mollusques et de foraminifères. Les éléments figurés (bioclastes) présentent des traces de dissolution.

 Ces calcaires sont surmontés, au niveau du plateau supérieur, par des calcaires détrititiques en dalles, remaniant des blocs calcaires et débris de stalactites, interpénétrés de lentilles aplaties de calcaires à oolithes ferrugineuses. C

Ces calcaires ferrugineux brun roux, à blocs et fragments calcaires, parfois oolithiques, interpénètrent l’édifice calcaire. Ces remplissages secondaires contiennent par endroit des grains arrondis noirs d’oxydes de fer colloïdal et des rognons phosphatés. (Ces roches ont un dosage en P2O5 compris entre 1 et 5 %). 'est dans les cavités karstiques qui se sont développées à la surface de ces calcaires, pendant les périodes d'émersion marines, que ce sont accumulées les terres et grès contenant les nodules de colophanite (phosphates). Elles constituent le gisement de phosphates reconnu sur le plateau sommital de l’île par Koch & Obellianne, en 1958. Un coupe détaillée de cette formation du plateau supérieur est donnée ci-après.

 Latéralement, la base du premier ensemble est recouvert (en bord de mer) par la formation des calcaires coralliens du récif frangeant, édifié au cours de la transgression holocène (depuis - 18 000 BP) jusqu'à l'actuel.


 Coupe géologique du plateau supérieur :

Sur le plateau supérieur se trouvent des dalles immenses, longues d’un kilomètre et larges de 200 à 400 mètres, épaisses seulement de 30 à 40 cm. Au nord de l’île, ces dalles sont légèrement pentées vers l’est-nord-est. Elles sont horizontales au centre et inclinées de 10° vers le sud-est, dans la partie sud du plateau sommital.

Dans la dépression centrale, ces dalle sont creusées de cavités souvent profondes qui ont permis de dresser la coupe lithologique du plateau supérieur sur plus de 10 mètres.

Coupe lithologique du plateau supérieur (d'après Koch & Obellianne, 1958)

Agrandir (190 Ko)

  Au sommet, les trois mètre supérieurs sont constitués par des calcaires à faciès « grainstone » de granulométrie homogène (clastes de 0,5 mm de diamètres) à lentilles aplaties de calcaire à oolithes ferrugineuses.

Agrandir (190 Ko)

 La couche intermédiaire, d’une épaisseur de 1 mètres est formée d’un conglomérat calcaire grossier, à blocs hétéromètriques et ciment de calcaire plus ou moins ferrugineux, à oolithes phosphatées.

Agrandir (190 Ko)

La base de l’ensemble, d’une puissance de 6 mètres, est formée d’une succession de calcaires coralliens à gros coraux massifs et passées de sables biodétritiques, à litages peu marqués.

 Les faciès détritiques :

Agrandir (190 Ko) Agrandir (190 Ko)

 Blocs rocheux constitués par un conglomérat ferrugineux à grains et nodules de colophanite. Gisement de phosphate du plateau des Ignames. Photographie de J.M Obéllianne, 1958. (Document Service des Mines et de l'Energie de Nouméa).

 Calcaire détritiques remaniant des stalactites brisées aragonite. affleurement du point B21 situé sur le plateau des "Ignames". Photographie de J.M Obéllianne, 1958. (Document du Service des Mines et de l'Energie de Nouméa)

Il reposent à la base et à la périphérie sur les faciès construits coralliens à poches de remplissages karstiques de couleurs brune :

 Dans ces poches se trouvent des brèches et des conglomérats à éléments de calcaires à débris coralliens et débris de colophanite (mineral phosphaté) emballés dans un ciment ferrugineux carbonaté. Ces grains de colophanites peuvent présenter localement un granoclassement normal. Ces calcaires présentent des litages entrecroisés avec une alternance de lits fins et grossiers.

Les calcaires oolithiques contiennent des oolithes de colophanite, d’un diamètre de 1 à 3 mm. Y sont parfois associés des rognons de colophanites inclus dans un ciment sparitique. Les bancs oolithiques n’ont que quelques mètres d’extension latérale. Ils se rencontrent en poches ou en intercalation dans les calcaires biodétritiques.

Des nombreuses concrétions calcitiques leur sont associées sous forme de planchers stalagmitiques horizontaux, de colmatages fissuraux ou de stalactites et stalagmites coniques. Les stalagmites, d’une longueur de 20 cm à 1 m, sont le plus fréquemment en position verticale mais l’on trouve également des stalactites brisées en position horizontale.

 Terrasses, replats et encoches :

Agrandir (190 Ko) Agrandir (190 Ko)

Falaises de la côte est-nord-est de Tiga permettant d'observer les différents gradins et encoches contituants ces falaises. Photographie prise depuis la piste en Meri en direction de Leouen par J.M Obéllianne, 1958. (Document du Service des Mines et de l'Energie de Nouméa).

Rempart de falaise de la côte est-nord-est de Tiga permettant d'observer les différent gradins contituants ces falaises. Au centre, la brèche où passe la piste de Meri . Photographie prise depuis Leouen par J.M Obéllianne, 1958.(Document du Service des Mines et de l'Energie de Nouméa).

Quatre terrasses principales sont repérables ;

     la première terrasse correspond à la plage sur laquelle est implanté le village de Tiga à un altitude de 4 à 5 m.

     Selon Obéllianne, le passage de la première à la seconde terrasse s’effectue par une série de 5 ressauts. Une encoche marine souligne l’altitude 28 mètres.

      la seconde terrasse s’étend au niveau du plateau du «maïs», entre 9 et 15 mètres d’altitude et forme une frange discontinue sur toute l’île sur 10 à 100 mètres de large. Elle disparaît au sud-est lorsque la côte est la plus abrupte

    Le passage de la seconde à la troisième terrasse et à la quatrième, s’effectue par une série de 7 ressauts, avec une encoche à la cote approximative de 50 m marquée par de nombreuses grottes.

     la troisième terrasse forme le plateau du « maïs », déprimé au centre d’environ 6 mètres, sur le tiers nord-ouest de l’île à une altitude de 28 à 34 mètres. Elle se prolonge sur le reste de l’île par une frange continue de 100 à 300 mètres de largeur.

      la quatrième terrasse qui forme le plateau des « ignames », présente deux cuvettes dont l’une occupe les trois quart du plateau à une altitude comprise entre 61 et 70 mètres.

     Ce dernier niveau est surmonté sur sa bordure nord-est par une crête, culminant à 92 mètres qui représente une ancienne "barrière récifale".

 L’encoche la plus nette se à situe la cote approximative de 50 m, marquée par de nombreuses grottes de l’île. Une autre encoche discontinue, à la cote 65 m, existe tout autour du plateau des "Ignames".

 Karstification, grottes :

 Des cavités importantes creusent la surface du plateau supérieur. La grotte de Wéa est profonde de 30 m et son extension latérale dépasse 300 mètres. Le gisement de phosphates du plateau supérieur est lui-même contenu dans les cavités de dissolution du réseau karstique.

 Le gisement de phosphate :

Agrandir (190 Ko) Agrandir (190 Ko)

 Blocs rocheux constitués par un conglomérat ferrugineux à grains et nodules de colophanite. Gisement de phosphate du plateau des Ignames. Photographie de J.M Obéllianne, 1958. (Document Service des Mines et de l'Energie de Nouméa).

 Fissure karstique peu profonde recoupant les dalles de calcaires détritique lités, du plateau supérieur. C'est dans de telles fissures que se trouvent les terres sableuses riches en phosphate du gisement de Tiga. Photographie de la tranchée de prospection N-11 par J.M Obéllianne, 1958 . (Document Service des Mines et de l'Energie de Nouméa)

 Les premiers indices des phosphates de Tiga ont été trouvés par Koch et Obéllianne en 1957 - 1958, mandatés par la Compagnie Française des Phosphates de l'Océanie. Le gisement se cantonne sur le plateau supérieur, dans des dalles de calcaires oolithiques et les remplissages karstiques de calcaires ferrugineux brun roux. Des terres phosphatées meubles, remplissent des cavités de formes variées, entonnoirs pincés vers le bas, de cheminées plus ou moins cylindriques, de cavernes lobées résultants de la coalescences de plusieurs cheminées. Les roches porteuses de minéralisations en phosphates sont soit des calcaires durs biodétritiques ou construits, soit ces terres sablonneuses. Ces dernières semblent provenir de l'altération des calcaires oolithiques ferrugineux. D'après F. Bourrouilh Le Jan, 1989, ces phosphates seraient issus de la lixiviation des ponces volcaniques et autres matériaux éruptifs sous climat tropical humide, incorporés dans les roches lors de la diagénèse carbonatées et libérés par l'altération superficielle.

Agrandir (190 Ko)

 Conglomérat ferrugineux à grains et nodules de colophanite en affleurement au dessus des calcaires coralliens. Gisement de phosphate du plateau des Ignames - point 09 - cote 68 m. Photographie de J.M Obéllianne, 1958. (Document Service des Mines et de l'Energie de Nouméa).

 La minéralisation phosphatée présente des teneurs relativement élevées qui peuvent dépasser courament les 50 % de P&inf;2O&inf;5 et de phosphate tricalcique. La minéralisation des sables dépasse largement ces valeurs pour atteindre des teneurs de 70 % en phosphate tricalcique. Les phosphates se présentent sous des formes variées; oolithes, pisolithes, rognons ou blocs de colophanite (étymologiquement, "pierres qui collent") qui peuvent atteindre des teneurs de 80% de phosphate tricalcique. Les réserves seraient estimées entre 350 000 et 400 000 tonnes de minerai, à teneur moyenne d'environ 50 % de phosphate tricalcique et 5 % à 20 % d'oxydes de fer et d'aluminium.

 CONCLUSIONS :

 L’île présente donc une constitution comparable aux faros du bourrelet périphérique des autres îles Loyauté, notamment Maré et Ouvéa.

     La plateforme calcaire à rodholithes, rencontrée à Maré, n’affleure pas ici, en raison sans doute, d’un surélévement moindre qu’à Maré.

     Le plateau supérieur, bordé au nord est par un récif barrière fossile, présente la morphologie d’un ancien lagon de faible profondeur, comblé par des formations détritiques de la barrière.

     Deux environnements peuvent être distingués, l’un marin, représenté par les faciès oolithiques et l’autre aérien, caractérisé par des concrétions aragonitiques qui se mélangent soit en intercalations (stalactites brisées), soit dans les dépôts de remplissage (planchers de stalagmites).

     Les formations biodétritiques et les formations oolithiques se sont déposées dans un environnement de faible énergie correspondant à un lagon peu profond, dans les espaces séparant des constructions coralliennes en milieu agité, ou ont sédimenté dans des poches de dissolution (cavités karstiques).

     Les périodes de dépôts marins alternent avec des épisodes d’émersion durant lesquelles se constituent les vides karstiques (grottes).

    Ceux-ci sont progressivement envahis par des concrétions calcaires (stalactites et stalagmites) puis noyés postérieurement et remplis à nouveau par des sédiments marins, sous une faible tranche d’eau.

     Le plateau intermédiaire en contrebas, présente une morphologie analogue mais la succession des épisodes géologiques y est plus difficile à appréhender.

En résumé, la structure géologique de l’île de Tiga est constituée d’un empilement de calcaires construits et de faciès biodétritiques interpénétrés.

 Références bibilographiques :

Koch P., 1958 : Géologie et minéralisation de l'Ile de Tiga - Prospection systématique pour phosphates. Rapport interne du Service des Mines - Nouméa. 

Obélliane J.M., 1958 : Le gisement de phosphates de Tiga. Rapport interne de la Compagnie Française des Phosphates de l'Océanie.

Gageonnet M., 1989 : Etude des ressources en eau souterraine des îles d’Ouvéa et de Tiga (Iles Loyauté). Rapport de fin de seconde phase, BRGM Orléans.

 Bourrouilh - Le Jan F., 1989 : Phosphates, bauxites et diagénèse carbonatée dans les récifs miocènes du Sud Pacifique. Géologie méditerranéenne. XVI n° 2-3, 1989, pp 76 - 96.

 Maurizot P. et Y. Lafoy : Carte géologique de la Nouvelle-Calédonie à 1/ 50000 - Maré, Tiga, Walpole, Dundun et Léliogat - ILES LOYAUTE - Première édition - BRGM/R P51857 - FR

Contacts : Chef de programmeWebmaster Haut de page Dernière mise à jour : 06 fevrier 2004
Ministère des DOM TOM